Frontières, frontières,…
Vie, sciences, politique, sentiments, art, sexe, religion, télévision, Internet, …
la question est omniprésente.
Enfant, il me semblait que c’était une question simple.
Il y avait les « naturelles » et les « artificielles ».
Pour franchir les unes, il fallait le bateau, l’avion, …
pour les autres des « papiers ».
Frontières immuables, aussi ! Enfin, me semblait-il !
Et puis, … et puis, j’ai appris à choisir entre la « ligne »
et le « coloris », entre Poussin et Rubens.
Délibérément les Impressionnistes,
les Nabis, le Bauhaus, les Futuristes, Kandinsky, Klee, Soulages, Hartung……puis un retour aux sources…
nouveaux départs, nouvelles frontières…
Et puis, et puis, j’ai vu finir « le monde fini » !
J’ai vu la chute du Mur ! J’ai assisté aux nouvelles guerres !
Un nouveau Mur se construit, d’autres tombent.
Un élargissement aboutit,
mais combien d’Europes ?
Réel ? Irréel ?
Les frontières ne seraient-elles que dans les têtes ?
Mais comment les donner à voir ?
Comment les peindre ?
Comment peindre leur épaisseur, leur sensualité, leur lyrisme,
celui de l’Odyssée revisitée par James Joyce, leur inquiétude,
incertaines chez Roger Ikor, plus violentes chez Kusturica,
courageusement filmées par Michael Moore… ?
Comment peindre l’intimité de l’entre deux ?
Acceptez ces tableaux comme le fruit d’une méditation,
la figuration d’une question récurrente et le choix esthétique
de peindre un impalpable obsédant et pourtant bien réel.
Limites, séparations, contraintes, liens…en nous et hors de nous,
autant de tremplins à l’imaginaire pour aimer et crier
et faire œuvre de cela.
Françoise Bogard